Je poursuis mon grand cycle de promenades autour des deux géants hydrauliques franciliens : l’aqueduc de la Vanne et celui de la Dhuis. Oui, certains collectionnent les timbres, moi je poursuis des tuyaux de 150 ans à travers champs. Chacun son hobby.
Cette fois-ci, direction le Sénonais, à Malay-le-Grand, pour suivre l’aqueduc de la Vanne et découvrir les installations permettant aux eaux de la Cochepie de rejoindre discrètement leur grande sœur parisienne. Parce qu’au fond, les aqueducs, c’est un peu comme les autoroutes : il y a des échangeurs, des bifurcations… mais avec beaucoup moins d’aires de repos et nettement plus de vaches.
J'ai modifié le style de l'article, peut être plus facile à lire, plus drôle, donnant une idée générale de la balade. vous trouverez le topo détaillé de la balade dans Trace GPS & Topo sans Commentaires
Bonne balade
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Km Temps Arret V/d V/g Dénivelé
25,1 4h30 1h10 5,6 4,1 480
Malais
le Grand se trouve sur la D660 (route de Troyes) à quelques kilomètres de Sens
Ma promenade débute à Malay le Grand. Nous trouvons des parkings au niveau, de l'église, de la Mairie et en bordure de la Vanne.
Je me gare sur le parking en bordure de la Vanne.
Nous sommes en décembre 2022. La saison idéale pour marcher dans la boue avec enthousiasme.
Je gare la voiture au bord de la Vanne, à Malay-le-Grand. Le village est calme, traversé par la rivière et chargé de plus de quinze siècles d’histoire. Ici, les rois mérovingiens tenaient conseil, les Romains construisaient des aqueducs, et moi… je cherche où commence le bon chemin sans me tromper dès le premier carrefour.
La Vanne coule tranquillement au milieu du village. Son nom viendrait du gaulois Veen, qui signifie “tourbière”. Voilà une rivière qui a gardé un nom aussi glamour qu’un bulletin météo de novembre.
Je traverse le pont au-dessus de la rivière. Immédiatement, l’histoire me saute dessus. Les Romains avaient déjà construit ici un aqueduc monumental pour alimenter Sens en eau potable. Un ouvrage long de plus de 16 kilomètres, capable d’acheminer 23 000 m³ d’eau par jour. Et dire qu’aujourd’hui, on est fier quand notre box internet fonctionne correctement dans toutes les pièces.
Une vieille légende raconte même qu’un maçon amoureux réussit à construire un souterrain entre Sens et Vareilles pour gagner la main d’une noble demoiselle. À cette époque, les prétendants bâtissaient des aqueducs. Aujourd’hui, ils envoient des emojis.
Je remonte la rue de la République et passe devant la mairie-école, puis devant l’église Saint-Martin. Celle-ci possède une énorme tour carrée séparée du reste du bâtiment, comme si l’architecte avait changé d’avis en plein chantier :
— Finalement, le clocher… on va le mettre là-bas.
L’édifice mélange XVIe siècle, restaurations du XIXe et contreforts massifs. On sent bien que chaque époque a ajouté son petit bricolage personnel.
Je poursuis par la rue de la Gare. La gare n’existe plus, bien sûr. Comme souvent sur les anciennes lignes rurales, il reste surtout le souvenir des trains… et quelques randonneurs qui imaginent entendre un vieux sifflet dans le vent.
Après avoir longé le cimetière et traversé la D660, je passe sous la ligne TGV. Contraste absolu : au-dessus de moi, des trains filent à 300 km/h ; en dessous, moi, équipé de mon sac à dos, progressant héroïquement à 4 km/h en cherchant des balises jaunes.
Nous rejoignons enfin l’aqueduc de la Vanne.
Et là, je retrouve ces fameuses bornes blanches marquées “VP” pour Ville de Paris. J’adore ces petits détails. Au milieu des champs de l’Yonne, on tombe soudain sur des pierres qui rappellent que toute cette infrastructure existe pour que les Parisiens puissent prendre une douche chaude sans se poser de questions.
Puis apparaissent les arcades de Vaumarot.
Quand j’étais enfant, je voyais ces constructions depuis la route de Troyes et je me demandais pourquoi les Romains avaient abandonné leur aqueduc en plein milieu des champs. Il m’a fallu
grandir pour comprendre que :
- ce n’étaient pas tous des Romains,
- un aqueduc passe souvent sous terre,
- et surtout que les ingénieurs aiment compliquer les choses avec des siphons, des vallons et des stations de pompage.
Nous longeons ensuite le bâtiment recevant les eaux de la Cochepie. Le mot “recevant” donne l’impression qu’il s’agit d’un hôtel pour sources fatiguées.
La randonnée devient très technique : stations de pompage, siphons, traversées de vallons… On sent que l’eau parisienne effectue un véritable parcours du combattant avant d’arriver dans les robinets.
Au fond de la vallée des Gondelins, nous traversons le petit ru de la Gaillarde. Un minuscule cours d’eau de 9 kilomètres, mais doté d’un nom qui ferait un excellent personnage de roman de cape et d’épée :
“Attention ! Voici surgir la terrible Gaillarde !”
Le chemin continue entre champs, lignes TGV, routes et bois. À plusieurs reprises, l’aqueduc disparaît sous terre. Ce qui est frustrant : on suit un monument invisible. C’est un peu comme visiter un musée où toutes les œuvres seraient enterrées.
À un moment, je quitte même le tracé officiel pour emprunter un chemin qui n’existe pas sur la carte IGN. Le genre de décision qui transforme une simple randonnée en épisode de “Survivor : édition agricole”.
Miracle : le chemin existe réellement.
Je traverse ensuite Soucy et le hameau de Montard avec son château aux tourelles de briques. Un château qui ressemble à une ancienne ferme ayant décidé de devenir noble sur le tard.
Puis viennent les grands espaces.
Des bois, des champs, des lisières forestières, des antennes, des lignes haute tension… et surtout des vues magnifiques sur la vallée de l’Yonne. Par beau temps, c’est superbe. Avec le brouillard de décembre, on obtient plutôt une ambiance de film historique où quelqu’un va forcément apparaître à cheval.
Je me perds légèrement du côté des Rougemonts. Rien de dramatique. Juste ce petit moment où l’on regarde la carte, le GPS, puis le paysage, avant de conclure :
— Bon… le chemin est probablement “par là”.
Et étonnamment, “par là” fonctionne.
Je redescends ensuite vers Saligny, son église, ses petites rues et son ru de la Gaillarde. Une pancarte annonce une église du XIIe siècle, tandis que le site de la mairie affirme XVIe siècle. Même les monuments historiques semblent hésiter sur leur âge. C’est rassurant : moi aussi, parfois, j’oublie les dates.
Après plusieurs kilomètres entre bois et champs, je retrouve enfin les arcades de Vaumarot. Cette fois-ci, je passe dessous. Immenses, silencieuses, elles traversent le paysage avec une élégance industrielle typique du XIXe siècle.
Je repasse sous les voies du TGV, longe encore l’aqueduc, traverse la D660… et me voilà de retour à Malay-le-Grand.
Une boucle de 25 kilomètres, quelques erreurs d’orientation, des siècles d’histoire, des aqueducs romains, des ouvrages hydrauliques du XIXe siècle, des trains ultra modernes… et toujours cette étrange sensation qu’en randonnée, on finit par voyager autant dans le temps que dans l’espace.
Un peut d'histoire
[Mâlay-le-Grand est dans le nord du département de l'Yonne et le nord de la Bourgogne.Le village, à environ 80 m d'altitude, se trouve dans la vallée de la Vanne, bordée au nord et au sud par des hauteurs menant à des plateaux qui avoisinent 200 m d'altitude. La Vanne, affluent de l'Yonne en rive droite, arrose le bourg, coulant d'est en ouest. Le ruisseau de Mondereau, qui vient de Sens au nord-ouest, conflue avec la Vanne au bourg de Mâlay. Ce sont les principaux cours d'eau naturels traversant la commune. Le village de Maslacius subterior est cité en 519. En 1003, le village est désigné sous le nom de Masliacus Major (« grand Malay »). En 1187, la dénomination de Mâlay-le-Grand devient Malaium

Vice-comitis (Mâlay-le-Vicomte) jusqu'à la Révolution. Ce n'est qu'alors que Mâlay-le-Vicomte redevint Mâlay-le-Grand et que le village voisin Mâlay-le-Roi devint Malay-le-Petit. Les vestiges d'un aqueduc gallo-romain ont été trouvés en 2014. Abandonné au IIIe siècle, ses matériaux ont été récupérés aux alentours des Musats et il n'en reste là que la partie basse. Appelé l'aqueduc Saint-Philbert, un manuscrit indique qu'il existait déjà en l'an 87, avec une capacité de 23 000 m3 par jour. De nos jours il serait visible seulement sur Mâlay-le-Grand . Au VIIe siècle Mâlay est « un domaine royal à 1 lieue de la ville de Sens ». Le palais mérovingien est connu par des événements politiques majeurs, comme une assemblée de gouvernement autour de Clotaire II en 615, ainsi que l'élévation du petit Clovis II à la royauté de Neustrie et Bourgogne en 63920. En 657 ou 658 saint Emmon évêque de Sens y convoque le concile de Mâlay. En 679 Thierry III y convoque un grand concile judiciaire, auquel participèrent cinq évêques métropolitains. Des traces identifiées avec ce palais ont été mises au jour dans les années 1990. C'était un édifice rectangulaire en dur de près de 300 m2 avec une ou deux salles de plus de 200 m2, détruit vers le Xe siècle.

Un anonyme (manuscrit n°106- bibliothèque de SENS-p 2) donne une date précise, et avance que cette fontaine existait déjà en l'an 87, qu'elle «procédoit des fontaines SAINT-PHILBERT à PONT-sur-VANNE et VAREILLE, passant sous la terre par un beau canal de ciment», et il ajoute que "par négligence des gouverneurs, cette eau a perdu son cours".
La longueur de
l'aqueduc, d'après le profil en long de cet ouvrage, entre VAREILLES et
l'enceinte fortifiée de SENS était de 16,7Km. Il s'agit d'une conduite maçonnée
en pierres, large de soixante cm, haute d'un mètre soixante, qui n'a rien
d'autre pour lui que ses 19 siècles d'existence.Sa beauté lui attirait mille adorateurs mais la pauvreté repoussait les épouseurs et la belle et douce Emma restait sans époux. Deux vilains fortunés, l'un orfèvre et l'autre maçon, devinrent éperdument amoureux et la demandèrent en mariage.
JULLIOT au dix-neuvième
siècle précise, "LES SOURCES: L'aqueduc de SENS captait au moins trois sources : NOE, Le MIROIR de THEIL et SAINT-PHILBERT. Il est même très probable qu'il en prenait une quatrième, la SOURCE de VAREILLES, qui jaillit dans une vallée secondaire, à 2500 mètres environ de SAINT-PHILBERT."
chroniques, par les sources de VAREILLES et de SAINT-PHILBERT.
Quelques personnes âgées
du village de VAREILLES ont eu l'occasion, pendant leur jeunesse de jouer dans
des ruines d'«anciennes caves», à proximité du MOULIN D'EN HAUT ou MOULIN de
SAINT-REMY. En comparant leurs souvenirs à des croquis de l'aqueduc romain de
SAINT PHILBERT à SENS, il semblerait qu'il existe beaucoup de similitudes.https://books.google.fr/books?id=5JGTDqfygAUC&pg=PA37...
Read more at http://www.histoire-sens-senonais-yonne.com/.../l-aqueduc...].
[Le mot « Vanne » vient du mot gaulois « Veen ou Vehen » qui signifie « tourbière ». D'une longueur de 58,8 km, la rivière naît dans la commune de Fontvannes (plus précisément sous l'église), petite localité de l'Aube située à 17 km à l'ouest de la ville de Troyes. La rivière matérialise la frontière naturelle nord du Pays d'Othe, région fortement boisée (45 % de forêts) qui constitue par ailleurs la plus grande partie de son bassin versant et lui fournit la majeure quantité de son débit. Elle conflue avec l'Yonne en rive droite au niveau de la ville de Sens. En 1867, la ville de Paris a engagé une série de travaux et construit un long aqueduc destiné à capter les sources de la vallée pour alimenter la capitale, et cela depuis l'amont de la rivière dans l'Aube jusqu'à la ville de Sens. Les travaux ont été réalisés par l'architecte Eugène Belgrand. Le débit du cours d'eau en fut fort modifié. Un aqueduc longe la rivière sur presque toute sa longueur, parfois souterrain et parfois à l'air libre. On peut y voir d'importants ouvrages d'art. Durant l'Antiquité les Romains avaient déjà effectué des travaux analogues pour alimenter la ville de Sens.
L’aqueduc de Cochepies
(10,8 km), alimenté par des sources situées à Villeneuve-sur-Yonne,
rejoint celui de la Vanne à Malay-le-Grand en passant
sous la Vanne entre les communes de Maillot et Malay-le-Grand. Wikipédia]. Remontons la rue de la République, passons
la Mairie école avec sa place arborée. Nous arrivons devant l'église [Sur la
voie romaine reliant Sens à Alise, le village de Malay-le-Grand (Masliacus
Subterior) est cité pour la première fois en 519. Il se trouvait
non loin du palais des rois mérovingiens, connu sous le nom de Massolacum,
où Clotaire II fit mettre à mort le patrice de Bourgogne Aléthée en 613, mais
dont l’emplacement n’a toujours pas été identifié précisément. Le bourg est désigné sous le nom de
Mâlay-le-Vicomte (Malaium Vice Comitis) de 1187 jusqu’au XIXe siècle.
L’aspect actuel de
l’édifice a été très fortement marqué par les interventions du XIXe s. (les travaux sont achevés en 1865). La
façade occidentale, reconstruite, est structurée en trois parties : le
portail central dans le style du XIIIe s. avec,
de part et d’autre, une petite porte à linteau droit menant à un bas-côté. Á
l’intérieur, la nef est large, rythmée en deux travées par de grandes arcades
en arc brisé, sans chapiteau, qui reposent sur de hautes bases prismatiques et
ouvrent sur les collatéraux. Au-dessus de la nef reposent les fermes de la
charpente que complète une voûte lambrissée en arc brisé. Les deux travées de
bas-côtés sont de structure analogue, mais le berceau de leurs voûtes est
transversal. Les fenêtres ouvertes dans les murs des collatéraux apportent une
lumière indirecte au vaisseau central de la nef.
Lydwine Saulnier-Pernuit. https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/malay-le-grand-eglise-saint-martin/
].
sinueux traverse
cinq communes au nord de l'agglomération. Pourtant le ru de la Gaillarde ne
coule que sur tout juste 9.200 mètres.
1957-1958
où le cours a été modifié pour permettre des aménagements fonciers à
Saint-Clément. Il rejoint depuis un émissaire de la Ballastière.
et-ses-environs_11099473/
].
poursuivons à gauche. Nous longeons le Bois de Montard, puis retrouvons les
champs. A l'entrée du village de Soucy, nous longeons les terrains de sport, et
prenons le chemin de droite remontant vers le bois, et une antenne.
Poursuivons le chemin qui fait un coude
d'équerre sur la gauche, nous débouchons route de Montard que nous prenons à
droite traversons ce lieu dit avec son château comportant des échauguettes en briques sur deux angles, peut être une
ancienne ferme. [Le château de Montard (ou
Monthard) ou naquit Jean Cousin, a été
bâti en plusieurs fois aux XVe et XVIe siècles. Ayant subi un incendie il y a
quelques années, le château est Racheté en 2012. Les deux emblématiques
tourelles et le toit ont été réparées à la suite de ce sinistre. Aujourd'hui le
château sert pour de l'événementielle. Je n'ai rien sur son histoire. Je vous laisse un lien sur ce que l'on sait
de l'artiste Jean Cousin https://www.yonne-89.net/JeanCousin.htm].
[La commune de Saligny est implantée dans une vallée,
séparée en deux parties entre lesquelles ruisselle le Ru de la Gaillarde. De
part et d'autre et cette zone d'habitat, des coteaux aux pentes relativement
fortes peuvent atteindre 25%, le relief général est bien marqué par des
découpages de thalwegs prononcés.
La dénivellation maximum est de plus de cent mètres, entre les points
culminants de la commune et le bourg (altitude mini 86 m et 212 m maxi). En
519, la commune de Saligny était nommée "SALINIACUS
IN PAGO SENONICO" (dans le pays des Sénons). Elle devint successivement SALIGNI en 1193, SALLIGNY
en 1549, SAILLIGNY
en 1552, plus SALIGNY au XVIIème siècle.
Au VIème siècle, cette localité faisait partie du Pagus de Sens. L'Hôtel-Dieu
de Sens et l'Abbaye de Saint-Pierre le Vif en furent les seigneurs plus tard. A
la révolution, le sieur Colomban Rossel y acquit des biens. La chapelle de Saliniacum in Sylva (Saligny dans les bois),
fut fondée en 1118 en l'honneur de Saint-Vincent et de Saint-Laurent. https://www.saligny-yonne.fr/decouvrir-saligny].
[Ce village se distingue par son église
Saint-Laurent et Saint-Vincent, bâtie sur l'emplacement d'une
ancienne église qui fût brulée par les protestants. Cette église de style
roman, datant du 16ème siècle est classée au titre des Monuments historiques,
pour les peintures de sa voûte, pour ses façades de toiture. L'église "Saint Laurent et Saint Vincent " de
style roman est reconstruite au XVIème siècle, sur l'emplacement d'une ancienne
église, avec une nef moins importante, à l'origine de ce vide entre l'ancien
portail et la nouvelle porte.
place, se trouve à l'extérieur de
l'église actuelle.Celle-ci, isolée du bourg, est classée au titre des monuments historiques pour les peintures de sa voûte, pour ses façades et ses toitures.
Le plus des photos
Vous trouverez toute mes randos de la journée en cliquant sur le lien ; https://randosacaudos.blogspot.com/p/blog-page_3.html











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