Poursuite de mes promenades autour de la France Aujourd’hui nous traversons les Préalpes, plus précisément Les Préalpes de Digne de Digne les Bains à La Clappe
Comment admettre que l’enthousiasme de l’année dernière me faisait fanfaronner en affirmant que je réaliserais un Tour de France ? Aujourd’hui, à 69 ans, il restera, comme tant d’autres choses que j’ai entreprises, une tâche inachevée. Je n’irai pas plus loin : le possible vient d’être réalisé.
Péché d’orgueil.
Lors du tracé de l’itinéraire, je n’ai pas voulu recouper ma trace d’il y a dix ans. Je n’ai pas voulu me rendre directement à Nice. N’ayant pas traversé les Hautes-Alpes, je me suis dit que les Alpes-de-Haute-Provence devraient faire l’affaire. Et puis je voulais, avec une certaine prétention, rejoindre Menton afin de dessiner un bel hexagone.
En préparant l’itinéraire, j’ai été surpris par les dénivelés : plus de mille mètres de montée presque chaque jour, avec des distances pourtant raisonnables, comprises entre 13 et 26 kilomètres. Dans ma tête de Parisien, c’était un peu comme enchaîner les 25 Bosses tous les jours ; parfois même l’Ultra. Cela ne me paraissait pas insurmontable.
Une chose me faisait tout de même peur : la montagne, et surtout la montagne friable. Pour rejoindre Menton, je devais emprunter des chemins locaux. Seraient-ils encore praticables ? Dans la Vésubie, la montagne s’est effondrée sur certaines routes, et plusieurs ne sont toujours pas réparées, des mois, voire des années plus tard. Alors, qu’en serait-il des sentiers ? J’aurais eu davantage confiance dans les GR, mais ils me faisaient monter trop haut et imposaient de grands détours.
Je pense aussi que je suis un peu lassé de ce périple que j’espérais terminer en 2030.
Cette année, je ne me suis pas senti très motivé. J’ai réalisé les 25 Bosses dans le même temps que l’année dernière. Mais la semaine suivante, je n’ai pas fait l’Ultra. Si j’avais vraiment voulu m’entraîner et me tester, j’aurais dû le faire dès le lendemain. Ensuite, comme l’année précédente, j’aurais dû enchaîner avec une sortie de 40 kilomètres.
La paresse, le manque d’envie et la chaleur m’ont retenu à la maison, où je me suis contenté de petites balades tranquilles de deux heures. C’était peut-être simplement une façon de me voiler la face, parce qu’au fond je pressentais déjà que, cette année, je n’avais plus les qualités nécessaires pour accomplir ce périple.
J’ai chuté après sept jours de marche, et cela m’a profondément atteint le moral.
Sept jours à souffrir du moyen fessier, à me demander si ma hanche ne commençait pas à refuser son rôle. Sept jours à me réveiller avec les jambes douloureuses. Sept jours à ouvrir les yeux vers une heure du matin en me disant : « Chouette, il me reste encore cinq heures de sommeil », puis à me réveiller de nouveau à cinq heures, dépité de constater qu’il ne restait plus qu’une heure avant le départ.
Sept jours à partir chaque matin sans entrain, avec pour seule envie celle d’en finir le plus tôt possible.
C’est sans doute là que se trouve la véritable réponse. Ce n’est ni la montagne, ni le dénivelé, ni même la chute qui ont mis fin à ce projet. C’est l’absence de désir. On peut encore marcher quand les jambes sont fatiguées. On peut continuer malgré les douleurs. Mais lorsque l’envie disparaît, chaque kilomètre devient un fardeau.
Peut-être que ce Tour de France restera inachevé. Pourtant, je ne peux pas parler d’échec. Les kilomètres parcourus existent. Les paysages traversés existent. Les années consacrées à ce projet existent. Ils ne disparaissent pas parce que la ligne finale ne sera jamais franchie.
Aujourd’hui, je crois simplement être arrivé au bout de ce que j’étais prêt à donner à cette aventure. Le possible vient d’être réalisé. Pour le reste, il faut savoir accepter ses limites et trouver la sagesse de s’arrêter.
2 juin 2026 Etape 123 – Digne → La Clappe
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Pour une fois, le voyage de la
veille s’est bien passé : aucun retard de train. Seule l’arrivée a été
stressante. Ma réservation n’avait pas été prise en compte et il n’y avait plus
aucune place dans les hôtels du centre. Heureusement, l’office de tourisme
s’est montré efficace et m’a trouvé une chambre dans un établissement où un bus
a pu me déposer.
Ce matin, dès le départ, à 7h30 et une sacrée montée m’attendait : deux heures sur un chemin caillouteux, raviné et rongé d’ornières. Digne-les-Bains se situe à environ 600 m d’altitude et nous devons franchir le pas d’Entrages, situé vers 1 215 m. Cela représente près de 600 mètres de dénivelé, que je gravis avec difficulté, tandis qu’un coureur s’entraînant au trail me double sans effort. Au poteau d'informations les oreilles d'anes nous sommes a 920m, j'ai mis une heure pour faire 2,5 km. Entrages est a 6km et il me faut 2h00 pour y parvenir. Me voilà enfin au sommet et a la fontaine du Pas d'Entrages. Je retrouve mon coureur à la fontaine, que j'avais cru redescendu par un des nombreux chemins rejoignant Dignes, où il récupère tranquillement.
Nous sommes sur le GR 406, la Route
Napoléon des marcheurs. Le 26 février 1815, Napoléon quitte l’île d’Elbe,
débarque à Golfe-Juan le 1er mars et, afin d’éviter les grandes villes
royalistes, choisit de rejoindre Grenoble par la route des Alpes. Les 3, 4 et 5
mars 1815, il traverse les Alpes-de-Haute-Provence en passant par Castellane,
Digne-les-Bains, Barrême, Malijai et Sisteron. Ce parcours historique a été
réhabilité et aménagé en itinéraire de randonnée pédestre et équestre dans le
cadre du bicentenaire de la Route Napoléon. Au plus près du cheminement réalisé
par Napoléon en mars 1815, tout en évitant les axes goudronnés et en
privilégiant les plus beaux sentiers, cet itinéraire permet de traverser des
paysages encore préservés et authentiques et de découvrir un patrimoine remarquable
au fil des étapes.
Nous descendons ensuite vers le
village d’Entrages, un village isolé au pied de la montagne, auquel une seule
route permet d’accéder. Après la plaine, nous revenons sous le couvert de la
forêt et rejoignons la route forestière des Brégaires, puis le col de
Pierre-Basse, où une pancarte nous confirme que Napoléon est passé par ici.
Après un court passage sur la route, nous retrouvons un sentier en pente douce qui nous conduit jusqu’au gîte d’un soir. J’y suis arrivé juste avant l’orage. Une réflexion philosophique… c'est beaucoup plus dure que les 25 bosses. Lorsque je fais ce circuit mitique pour les parisiens, mais on a rien d'autre… je le fais d'une traite sans temps de repos. Je récupère l'effort de la monté soit en marchand sur la platière, soit dans la descente. Ici c'est 2h30 de monté sans interruption. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
| Raidillon de 622 m. | Pente moyenne | Distance | |||
16 |
km 2.878 | 11% | 284 m | ||
17 |
km 3.162 | 20% | 39 m | ||
18 |
km 3.201 | 18% | 113 m | ||
19 |
km 3.315 | 13% | 186 m | ||
| Raidillon de 1230 m. | Pente moyenne | Distance | |||
20 |
km 5.112 | 12% | 211 m | ||
21 |
km 5.323 | 10% | 139 m | ||
22 |
km 5.635 | 11% | 118 m | ||
23 |
km 5.754 | 13% | 437 m | ||
24 |
km 6.191 | 11% | 168 m | ||
25 |
km 6.359 | 18% | 157 m | ||
| Raidillon de 151 m. | Pente moyenne | Distance | |||
26 |
km 9.165 | 17% | 151 m | ||
| Raidillon de 89 m. | Pente moyenne | Distance | |||
27 |
km 11.411 | 11% | 89 m | ||
| Montées | Distance Km | Km au total en % | |||
| Entre 30 et 55% | 0.192 | 1.3 | |||
| Entre 15 et 30% | 1.77 | 12.02 | |||
| Entre 10 et 15% | 1.955 | 13.27 | |||
| Entre 5 et 10% | 2.469 | 16.77 | |||
| Entre 1 et 5% | 2.187 | 14.86 | |||
| Total | 8.572 | 58.22 | |||
| Terrain plat | |||||
| Dénivelées de 1 % | 0.717 | 4.87 | |||
| Descentes | |||||
| Entre 1 et 5% | 1.656 | 11.24 | |||
| Entre 5 et 10% | 1.846 | 12.54 | |||
| Entre 10 et 15% | 0.93 | 6.32 | |||
| Entre 15 et 30% | 1.002 | 6.81 | |||
| Entre 30 et 55% | 0 | 0 | |||
| Total | 5.435 | 36.91 | |||
| Total trace: | 14.72 | 100 % | |||
C'est quoi l'indice IBP
IBP index est un système d'évaluation automatique de la difficulté
d'un itinéraire parcouru en vélo tout terrain, en vélo de route, en
randonnée pédestre ou en course.
Cet indice est très utile pour connaître et comparer la difficulté de différents itinéraires.
Il est important de ne pas confondre le degré de difficulté d'un itinéraire avec l'effort physique déployé pour le réaliser : un indice IBP index de 60 sera un parcours très difficile pour une personne non entrainée, normal avec une préparation physique moyenne et très facile pour un professionnel. (Voir le echelle comparative)
La souffrance ou les efforts physiques d'un itinéraire = état de forme
physique + rythme de course + conditions météorologiques + IBP index
Echelle comparative des valeurs IBP


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